La problématique des Seniors en France
En France est considéré comme « senior » tout salarié de plus de 50 ans.
Les seniors, malgré le fait qu’ils constituent un capital de compétences, souffrent souvent de discriminations à l’embauche car les recruteurs leur reprochent des compétences informatiques faibles et une mauvaise maîtrise de l’anglais. Qui plus est, beaucoup pensent que la perspective de la retraite, la diminution des chances de promotion et d’évolution professionnelle, viennent diminuer le « retour sur investissement » attendu par l’individu de son engagement en formation. Les travailleurs seniors sont manifestement victimes de préjugés quant à leur aptitude à la formation, à leur souplesse et à leur rentabilité, qui sont jugés inférieures à celles des jeunes travailleurs.
Ces arguments sont fréquemment invoqués pour justifier le refus d’investir dans leur formation et leur développement.
Cette vision négative des effets du vieillissement sur les performances fait que peu de formations sont proposées au-delà de 45-50 ans, car la représentation négative semble présente chez les salariés seniors eux-mêmes qui considèrent le développement de leur carrière bloqué à cet âge-là.
La société française continue donc d’adhérer au scénario des trajectoires professionnelles où tout se joue en début de carrière. Elle ne mise pas sur les potentiels d’adaptation des salariés plus âgés. De nombreuses études soulignent la rupture de l’effort de formation en seconde partie de carrière, alors qu’il conviendrait d’appréhender le rapport aux savoirs des adultes. Les salariés seniors se construisent ainsi une logique d’échec et d’évitement des situations d’apprentissage.
Néanmoins, un réel changement est en train de s’opérer. Au niveau des organisations, on remarque un nouvel intérêt positif envers les travailleurs seniors, illustré par l’emploi d’expressions telles que « gestion de l’âge » et par l’aménagement d’emplois adaptés au vieillissement, car leur « expérience » recommence à être appréciée et exploitée, car comme dirait Henry Ford, le magnat américain de la construction automobile « Si l’on retire du monde l’expérience et le jugement des hommes de plus de 50 ans, il n’en restera pas suffisamment pour le diriger ».
C’est dans cette perspective que le décret de mai 2009 oblige les entreprises d’au moins 50 salariés à conclure un accord ou à mettre un plan d’actions pour l’emploi des seniors, comprenant notamment un volet formation car l’obsolescence des acquis de la formation initiale renforcent la nécessité d’intensifier les temps de formation continue.
Les Seniors et l’anglais en France
En France, 1 entreprise sur 2 trouve que le niveau de pratique des langues étrangères est insuffisant pour leur personnel senior comme pour leur personnel junior. Les salariés seniors ne sont donc pas plus en tort que le reste et pour cause, leurs compétences et leur attitude vis-à-vis de l’anglais sont quasi semblables à celles des autres catégories de salariés.
C’est ce que démontre également l’étude YES – Your English Solution / Monster.fr réalisée par l’ifop en novembre 2010 auprès de plus de 1000 Français sur leur rapport avec l’anglais, dans laquelle il apparaît que les seniors français et notamment les salariés seniors n’ont pas une attitude différente vis-à-vis de l’anglais que les autres catégories d’âge.
Ainsi à l’heure d’évaluer leur propre niveau d’anglais, les seniors français se voient au même niveau que les 35 – 49 ans et se sentent compris de la même façon que leurs juniors. Le manque de vocabulaire représente chez eux le principal obstacle quant à la pratique de l’anglais, résultat semblable à celui des autres Français. Il est certain, qu’ils trouvent plus de difficulté à réaliser certaines activités que les plus jeunes effectuent avec plus d’aisance : les 50-64 se disent ainsi incapables à 49 % de lire un magazine et à 76% de regarder un film en version originale sans sous-titres, les résultats les plus élevés de l’étude.
Pour ce qui est de l’utilité de l’anglais, les seniors ne font pas exception, à l’image de leurs cadets ils considèrent que l’anglais est utile à 96 % pour voyager à l’étranger, à 79 % pour regarder des films ou des séries en VO, à 63 % pour réussir un entretien d’embauche et à 53 % pour travailler au quotidien. Ils sont donc conscients de l’utilité de l’anglais dans leur vie personnelle et professionnelle, contrairement aux accusations dont ils sont parfois victimes.
Pour ce qui est de la sphère professionnelle plus particulièrement, les salariés seniors sont conscients de l’importance de cette langue, mais sont également conscients de leurs faiblesses. C’est d’ailleurs pour cette raison que 50% d’entre eux ne présentent pas leur niveau d’anglais sur leur CV, pourcentage supérieur à celui des autres tranches d’âge, par contre ils ne sont que 8% à le surévaluer un peu, 42% d’entre eux le présentent de manière réaliste. Pour ce qui est de l’évolution professionnelle, ils ne sont que 34% à considérer que la maîtrise de l’anglais est importante lorsqu’il s’agit d’évoluer professionnellement, résultat semblable à celui des 35 – 49 ans, là où on remarque une tendance complètement inversée chez les 18-24 ans qui à 66 % estiment que la maîtrise de l’anglais est importante dans l’évolution de leur carrière.
Cette sous-estimation de l’anglais dans l’évolution professionnelle pourrait s’expliquer par le fait que peu d’entre eux se confrontent à l’anglais lors de leur recherche d’emploi. Uniquement 9 « % ont passé un test d’anglais en entretien d’embauche.
L’état de l’anglais chez les seniors est loin d’être alarmant. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils sont au même niveau que les autres tranches d’âge globalement. Néanmoins là où une attention toute particulière devrait être apportée aux salariés seniors c’est bel et bien au niveau de la formation continue en général et de la formation à l’anglais en particulier. Alors que des programmes de formation sont mis en place pour les salariés plus jeunes, les seniors sont souvent délaissés ou confrontés à des programmes très peu adaptés à leurs besoins et leur façon d’apprendre.
Les Seniors et la formation
En formation, les salariés seniors apprennent différemment car les stratégies d’apprentissage varient effectivement avec l’âge. Plus le salarié est expérimenté, plus il apprendra en puisant dans sa banque d’expériences préalables et en associant les apprentissages aux expériences antérieures.
Ce qui d’ailleurs, peut les bloquer dans l’apprentissage d’une langue, car ils ont du mal à se défaire de leurs routines et des représentations ancrées et à accepter de changer leur manière de faire. L’utilisation plus fréquente des nouvelles technologies dans l’apprentissage de l’anglais génère plus de stress pour les salariés seniors car ils craignent de ne pas pouvoir transférer dans les nouvelles situations de travail les compétences qu’ils maîtrisent et de devoir se confronter à l’habileté des plus jeunes.
Néanmoins, malgré ces quelques points différenciant leur apprentissage de celui des plus jeunes, scientifiquement il n’existe aucune preuve d’une diminution de leurs capacités verbales, numériques ou de raisonnement inductif… L’âge n’est donc pas un « handicap » à l’apprentissage.
Dans de nombreuses études, l’âge apparaît même comme un facteur secondaire lors de l’apprentissage des langues, au regard des différences interpersonnelles, aussi bien pour ce qui concerne les capacités cognitives et les stratégies d’apprentissage que pour ce qui concerne la motivation à se former.
Néanmoins, il existe des situations d’apprentissage facilitantes pour les salariés seniors telles que le fait d’apprendre à son propre rythme, d’apprendre selon des modalités que l’on a choisi, d’appuyer son apprentissage sur de nombreux exemples concrets, sur des temps importants alloués à la pratique et d’obtenir des retours réguliers et valorisants sur sa progression. A l’opposé de ces situations facilitantes ou motivantes, les seniors évoquent également certaines situations qu’ils considèrent comme gênantes lors de l’apprentissage telles que le fait de se sentir « en concurrence » avec des jeunes qui apprennent plus vite, de se sentir incompétents dans une situation nouvelle ou de se sentir en difficulté sous le regard des autres. Donc contrairement à ce que l’on pourrait penser, les salariés seniors sont friands de formation en ligne qu’ils peuvent piloter eux-mêmes tant au niveau de la forme que du rythme d’apprentissage, d’accéder à de l’aide en ligne, de pouvoir contacter un tuteur et disposer d’un espace de discussion leur permettant également de partager leurs pratiques via des communautés d’apprenants. En général les salariés seniors auront plus tendance à apprendre l’anglais grâce à des méthodes individualisées, sociales et flexibles. Qui plus est, ces caractéristiques permettent d’accroître leur motivation et de développer leurs capacités d’apprentissage tout au long de la vie.
Les salariés séniors ont une préférence pour l’apprentissage mixte ou le « Blended Learning », tel que le propose notre partenaire YES – Your English Solution de façon très équilibrée, un mélange entre enseignement en face-à-face et nouvelles approches e-learning.
La préférence des salariés seniors pour le « Blended Learning » reflète la nécessité pour ces apprenants d’avoir des parcours personnalisés et flexibles avec néanmoins un accès rapide à de l’aide et à de l’orientation de la part de leur tuteur. Elle reflète également le fait que les seniors font de l’apprentissage un processus social : l’échange et le contact avec leurs enseignants et leurs pairs est un élément fondamental de l’apprentissage.
Les principaux facteurs qui font obstacle à l’apprentissage des salariés seniors relèvent donc plus du stéréotype que de la réalité et de la non adaptation des méthodes à leurs besoins.
Maria pour YES – formation à l’anglais en entreprise